Février 2009





L'île en bref

Saba fait partie des Antilles Néerlandaises (du moins à l'heure où j'écris, car ces Antilles Néerlandaises vont disparaître, certaines îles allant vers plus d'autonomie, et d'autres, comme Saba, qui deviendront des communes néerlandaises). Saba sera alors "la montagne la plus haute de Hollande".

L'île n'est pas bien grande. C'est un ancien volcan, planté dans la mer des Caraïbes.
Par voie aérienne, seul un avion spécial, à décollage et atterrissage court, peut y accéder. En effet, la piste a été construite sur une ancienne coulée de lave qui a été nivelée.



Les abords

Du fait que ce soit un volcan relativement récent (sous l'eau, il y a un site de plongée où le sable est encore chaud), les pentes sont abruptes, et descendent directement dans la mer. Il n'y a donc quasiment pas de plage. C'est un avantage, car du coup, ce n'est pas une destination balnéaire, et l'île est assez peu fréquentée : seuls quelques plongeurs et quelques amoureux de la nature viennent la visiter.
D'ailleurs, il est étonnant de voir que des hommes aient pu vouloir s'installer sur ce caillou, tant les accès sont difficiles : Depuis l'unique plage, un escalier a été taillé dans la roche (photo de gauche), et c'est par cet endroit que sont arrivés, à l'origine, tous les matériaux de construction. Il a fallu les transporter à dos d'homme, péniblement. Cet endroit s'appelle "The ladder" (l'échelle).

Les différentes éruptions on laissé quelques "dents" autour de l'île, et on en retrouve même sous l'eau (les plongeurs les appellent alors des pinacles). Sur l'un des sites de plongée, on retrouve même des fragments d'orgues basaltiques

D'ailleurs, si vous voulez voir les photos sous-marine prises là-bas, cliquez sur le poisson ci-dessous.



L'unique route de l'île

Cette route relie le port (de dimension très réduite) à l'aéroport, en passant par les 3 villages de l'île, dont les noms sont aussi simples qu'évocateurs : "The bottom" (le village le plus bas), "Windwardside" ("du côté du vent", donc à l'Est), et Hells Gate ("La porte de l'enfer", probablement en raison d'une des éruptions du volcan).
Cette route est surnommée "la route qui ne pouvait pas être construite". En effet, les habitants demandèrent au gouvernement hollandais de leur bâtir un route pour remplacer les chemins muletiers et "The ladder". Mais les ingénieurs hollandais, peu habitués au relief, déclarèrent que cela était impossible. Un ingénieur local, Josephus Hassel, prit alors des cours par correspondance, et réussit alors, avec une petite équipe, à construire cette route sur ce caillou.
(Sur la photo de gauche, on distingue au fond l'île de Saint-Eustache).



L'architecture

Sur l'île, toutes les maisons sont construites avec le même style colonial : maisonnettes en bois, couleur blanc; toits en tôle rouges; volets verts ou rouges; petites frises (appelé lambrequins) au bord des toits. Certaines ont des petits varangues (sorte de véranda ouverte). Le tout toujours propret et soigné.



Pour se loger, pas de problème : il y a de nombreux cottages à louer, et avec les pentes de l'île, vous avez de grandes chances d'avoir vue sur la mer.

Notre hôtel (ici à gauche), se conformait bien entendu au style de l'île. Détail inhabituel : la criminalité de Saba est tellement faible que par défaut on ne vous donne pas de clé pour votre chambre).

L'église de Windwardside ne faillit pas non plus à la règle architecturale, et des lambrequins décorent son clocher. (À gauche, le Mont Scenery, sommet de l'île, surplombe l'église).



La flore

Saba est également une destination pour les amateurs de nature : non seulement les rues et les jardins sont très fleuris, mais en plus de cela le Mont Scenery est entouré d'une forêt primaire au niveau du sommet, et d'une forêt secondaire (c'est à dire une forêt qui a recolonisé des zones agricoles) à un niveau inférieur.
Nous y avons fait une petit balade, ce qui nous a permis d'admirer quelques lianes, oreilles d'éléphant géantes, fougères arborescentes et autres fleurs tropicales.



La faune

Lors de notre balade sur le Mont Scenery, nous n'avons vu que peu d'animaux : un beau papillon dans un champ de fleurs, mais aussi deux serpents. On nous en avait parlé lors d'une conférence sur la flore et la faune 2 jours auparavant : ce sont des Alsophis rufiventris, de la famille des couleuvres. Espèce menacée (car présente uniquement sur Saba et Saint Eustache), mais pas dangereuse pour l'homme.

Autre reptile rare : l'Anolis sabanus est un lézard endémique de Saba. Nous avons vu celui-ci au milieu de Windwardside, dans une friche grillagée qui contenait des matériaux de construction (ils aiment se planquer dans les trous).

Évidemment, il y a des animaux plus commun à Saba. Lors de nos balades dans le village, nous avons pu caresser quelques chats peu farouches (autre signe de la tranquillité de l'île).

Nous avons pu y voir aussi pas mal d'oiseaux. De gauche à droite, voici le Tyran gris (Tyrannus dominicensis), le Sucrier à ventre jaune (Coereba flaveola) et le Moqueur corossol (Margarops fuscatus), en train de se goinfrer une goyave.



Impressions générales

Saba est une île tranquile. Si vous cherchez les activités intenses, la vie nocturne et la bronzette sur la plage, passez votre chemin. Si au contraire vous recherchez le calme et la douceur de vivre, c'est une île pour vous. Les plongées y sont riches (pour les Antilles) et originales (pinacles, tortues et requins fréquents).
Mon seul regret : le cyclône de l'été passé a emporté les espèces sous-marines qui vivaient sur le fond (hippocampes, poissons grenouilles). Espérons qu'ils reviendront...

Une excellente semaine, reposante et variée.